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Une IA comme partenaire de vie, de jeu et de travail, développée par Razer

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Le dernier Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas a marqué un tournant avec la présentation d’AVA, la nouvelle intelligence artificielle holographique de la compagnie Razer. Ce compagnon de vie, capable de voir et d’entendre, promet de suivre l’utilisateur dans son quotidien, allant jusqu’à commenter tous ses faits et gestes avec mémoire et intelligence, agissant tel un colocataire ou un partenaire de vie virtuel.

 

Une présence virtuelle personnalisée

AVA n’est pas qu’une simple interface ; elle se matérialise pour devenir une présence constante. Qu’il s’agisse de faire du remue-méninges, de vous aider à choisir vos vêtements ou de commenter vos exploits en gaming, l’IA est conçue pour vous connaître par cœur. Le développeur promet une personnalisation complète, permettant aux utilisateurs de créer un alter ego ou, pour certains, de façonner un partenaire de vie idéal afin de combler un vide affectif.

« Soutenir la vie » : L’exemple des aînés

Cette technologie trouve un écho particulièrement pertinent lorsqu’elle est appliquée à la santé cognitive et à l’isolement social. D’ailleurs, une résidence pour aînés d’Alma utilise déjà l’intelligence artificielle pour briser la solitude des résidents souffrant de troubles cognitifs.

L’experte Kanika Sapan, professionnelle en sexologie, fondatrice du Sofa sexologique et auteure du livre « Survivre dans la jungle du dating », souligne que pour une personne âgée en perte de repères, un avatar doté d’une voix rassurante peut améliorer la qualité de vie et assurer une « continuité affective ». Dans ce contexte, l’IA sert à « panser » et à soutenir la vie plutôt qu’à la remplacer, en aidant par exemple un aîné à structurer sa journée.

Un effet à double tranchant

Toutefois, l’intégration d’un partenaire virtuel omniprésent soulève des questions fondamentales. Pour Kanika Sapan, l’analyse de cette technologie repose sur trois piliers : « à qui s’adresse ce produit-là […], dans quel stade de vie [est l’utilisateur] et à quoi sert ce produit ».

Si l’IA est un baume pour les aînés, elle pourrait s’avérer néfaste pour de jeunes adultes en difficulté relationnelle. Sapan met en garde contre le risque de voir certains hommes se réfugier dans cette technologie au détriment de relations réelles. Contrairement à un humain, une IA n’impose pas la « frustration des incompréhensions, des disputes, des chicanes » ou la nécessité de négocier, des éléments essentiels à l’apprentissage social. Pour ces utilisateurs, l’IA viendrait alors remplacer la vie au lieu de l’enrichir, les encastrant davantage dans leur isolement.

Disponibilité et perspectives

Le débat reste ouvert : l’IA est-elle un progrès ou un risque pour la cohésion sociale ? Pour Kanika Sapan, il n’y a pas de réponse binaire : « ça dépend pour qui, ça dépend quand et ça dépend pourquoi ».
Bien que le prix final n’ait pas encore été dévoilé (on prévoit un coût minimal dans les trois chiffres), Razer permet déjà de réserver une place pour tester le produit avec un dépôt de 20 dollars américains.
Pour découvrir AVA en action et approfondir les enjeux de cette technologie, regardez notre reportage vidéo complet ci-dessus.

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